La double crise de santé publique épuise les travailleurs en réduction des méfaits


OTTAWA, 08 sept. 2022 (GLOBE NEWSWIRE) -- Les professionnels de la santé, les travailleurs sociaux et les conseillers qui travaillent dans le secteur de l’usage de substances vivent de grands niveaux d’épuisement professionnel. Selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS), ce sont la crise de toxicité des drogues et la pandémie qui sont à blâmer.

Le rapport Expérience des fournisseurs de services de réduction des méfaits lors de la double urgence de santé publique au Canada examine les bienfaits et les difficultés auxquelles les travailleurs en réduction des méfaits au Canada continuent de faire face pendant la pandémie de COVID-19 et la crise de toxicité des opioïdes.

Selon le rapport, les travailleurs en réduction des méfaits vivent de l’épuisement professionnel et du stress traumatique secondaire à des niveaux supérieurs à ceux rapportés précédemment par de nombreux professionnels de la santé et autres soignants. Ce niveau est encore plus important que celui des travailleurs en milieu hospitalier au plus fort de la pandémie. Le stress traumatique secondaire peut apparaître lorsqu’on entend parler d’incidents traumatisants vécus par d’autres personnes.

« Les travailleurs en réduction des méfaits vivent des défis uniques dans leur travail », explique Sheena Taha, Ph.D., directrice intérimaire, Mobilisation des connaissances, au CCDUS. « Ils doivent fournir une panoplie de services qui répondent aux nombreux besoins des personnes qui consomment des substances. Et ils le font dans des systèmes souvent mal outillés. Il faut toutefois souligner que, selon notre étude, malgré le stress et les défis auxquels ils font face, les fournisseurs de services de réduction des méfaits disent qu’ils trouvent un sens et un épanouissement dans leur travail. »

L’étude propose quelques pistes pour améliorer le système de santé, tout en répondant aux besoins des travailleurs en réduction des méfaits. En voici quelques-unes :

  • Un système de santé complet qui intègre des services de réduction des méfaits sera plus accessible et répondra mieux aux besoins des personnes faisant usage de substances et des fournisseurs de services de réduction des méfaits.
  • Un financement durable et fiable pour les services de réduction des méfaits assurera la continuité des services et éliminera des facteurs de stress relatifs aux finances et à la planification pour les directeurs et le personnel des programmes.
  • En veillant à ce que les ressources de counseling soient suffisamment financées et tiennent compte du genre, des traumatismes et du deuil, les fournisseurs d’avantages sociaux contribueront à éviter de futurs méfaits, et les investissements dans ces ressources mèneront à des résultats concrets.
  • L’évaluation continue des modèles de dotation et des politiques équitables ainsi que la correction des vulnérabilités structurelles menant à l’épuisement professionnel, comme la précarité d’emploi et l’insécurité économique, orienteront les efforts visant l’amélioration du bien-être.

Mme Taha souligne que trouver des façons d’accompagner les travailleurs en réduction des méfaits est essentiel et pourrait avoir des retombées à long terme sur le système de santé. « Un soutien adéquat serait bénéfique au bien-être des travailleurs et des personnes qu’ils essaient d’aider, ce qui renforcerait le système de santé dans son ensemble. »

Ce rapport est le plus récent de la série Consommation de substances au Canada du CCDUS. Depuis 2005, cette série met en lumière, sous la supervision du conseil consultatif scientifique du CCDUS, de grandes questions en lien avec l’usage de substances et propose des mesures à prendre en matière de politiques et de pratiques. Les autres rapports récents de cette série sont Meilleure qualité de vie : usage de substances et vieillissement, Voies menant aux troubles liés aux substances dans l’enfance et l’adolescence et Les effets de la consommation de cannabis pendant l’adolescence.

Personne-ressource pour les médias
Lee Arbon, conseiller en communication, Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances
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Le CCDUS a été créé par le Parlement afin de fournir un leadership national pour aborder la consommation de substances au Canada. À titre d’organisme de confiance, il offre des conseils aux décideurs partout au pays en profitant du pouvoir des recherches, en cultivant les connaissances et en rassemblant divers points de vue.

Les activités et les produits du CCDUS sont réalisés grâce à une contribution financière de Santé Canada. Les opinions exprimées par le CCDUS ne reflètent pas nécessairement celles du gouvernement du Canada.